Cote d’Azur - Monaco
La France jouit d’une vie associative particulièrement riche. L’on dénombre plus de huit cent mille associations dans des domaines divers et variés et environ dix millions de bénévoles. De l'association sportive à l'association de quartier en passant par la grande association à vocation nationale et même internationale comme le Kiwanis International, la vie associative est plurielle. Le bénévolat aussi. Engagé en priorité en faveur des enfants qui souffrent, le Kiwanis agit dans plusieurs secteurs, ce, tant auprès des enfants, adolescents ou familles défavorisés que des enfants handicapés. Soit de façon directe, ou par l’assistance portée à des associations agissant pour eux en fonction de leurs besoins. « Servir les enfants du monde » constitue ainsi la spécificité du Kiwanis mais il ne s’interdit pas de porter son attention sur d’autres causes.
Des situations plurielles
Pour autant, ces actions là paraissent floues pour le non-initié. Aussi, semble t-il juste de préciser cette notion de bénévolat lorsqu’il s’agit d’un « club service ». Dans l’imaginaire collectif, beaucoup de nos compatriotes ont, en effet, une image déformée des pratiques au sein de ces associations. Bourgeoises ? (encore que le terme semble passé de mode). Enigmatiques ? Fermées ? Elitistes ? Empreintes de générosité distante ?
Une réponse franche à ces légitimes questions ne réside pas toujours dans des mots sans nuances tels que « oui » ou « non ». En revanche, il paraît manifeste que les clubs Kiwanis sont par définition ouverts. Le caractère « bourgeois » ou « élitiste » des clubs semble souvent relevé du phantasme. Le « style » d’un club est très variable, la plupart du temps à l’image de la cité et il semble plus juste de parler de représentants des classes moyennes. On trouve, en effet, au Kiwanis des cadres du privé, des fonctions publiques, des commerçants, des professions libérales, etc. Ce mélange des cultures, des formations, des socialisations permet à chaque club de bénéficier d’apports différents, tant en termes de disponibilités que d’expériences ou de savoir-faire.
200 000 heures de bénévolat, 2 M d’€ de dons
Comment opérer pour effectuer des dons significatifs et aider les enfants avec efficacité et bonheur, le tout sans ostentation ? Telle est la problématique des cinq mille Kiwaniens français et monégasques regroupés au sein du district France Monaco qui comporte 256 clubs.
On ne peut évoquer cet aspect si l’on méconnaît l’organisation comptable et financière de ces associations. En effet, chaque club possède un compte courant qui lui sert au fonctionnement. Et un compte intitulé « actions sociales ».
Le premier est destiné à recevoir la participation financière des membres. Il s’agit d’une cotisation annuelle de l’ordre de 150 euros pour les cotisations : locale, régionale, nationale, européenne, et internationale, à laquelle s’ajoute les frais de repas, lunch, ou apéritif, voire de participation si la réunion se déroule chez l’un des membres selon le mode choisi par le club, ainsi que l’abonnement aux différents journaux.
Le second compte bancaire a pour objectif de ne s’intéresser qu’aux actions sociales des clubs. Il sert à effectuer les dons, mais aussi à régler les dépenses liées à la réussite de telle ou telle opération organisée justement pour permettre cette générosité. Chaque année, les clubs du district attribuent en effet 2 M d’€ de dons, généralement aux enfants qui en ont besoin.
Cette somme conséquente trouve son origine dans les heures passées par les Kiwaniens à organiser des manifestations originales dont la totalité des profits est consacrée aux dons ou à des actions telles que les « baptêmes de l’air ». La préparation de ces manifestions a lieu lors de réunions aux sein des commissions. Les « réunions statutaires » se déroulent la plupart du temps au cours d’un dîner et font aussi l’objet d’échanges et d’informations sur les opérations en cours. Des Kiwaniens se spécialisent : relations presse, ingénierie de la manifestation, trésorerie, etc. Toutes les compétences exigées par des opérations évènementielles sont mobilisées. Apportées par les membres du club, mais, parfois aussi par leur conjoint, leurs amis. Cette synergie permet, grâce au bénévolat, des résultats dignes d’organisations professionnelles.
Certes, la question reste posée sur le nombre d’heures consacré à ses actions. Elle reste en suspend dans la mesure où en fonction des instants de la vie familiale, professionnelle, les Kiwaniens peuvent se rendre plus ou moins disponible.
Hors manifestations organisées par son club, le Kiwanien peut aussi intervenir en tant qu’officier de club, (président, secrétaire, ou trésorier) avec un mandat limité à un an. Certains membres deviennent même officier de division (structure régionale), membre du staff national (dans ce cas la durée maximum d’un mandat est de trois années).
Le phénomène est bien connu dans toutes les associations : un tiers des membres est particulièrement actif, l’autre tiers effectue sa mission et un tiers se trouve à la traîne… Il faut en convenir, le Kiwanis vit aussi cette situation. A une nuance près. L’organisation interne (locale, régionale et nationale) génère une sorte de tournante qui permet à chacun de n’exercer un mandat que pendant une courte période. Les Kiwaniens admettent aussi que tous les membres ne peuvent toujours se situer au premier rang lors de la prise de responsabilités.
En revanche, tous les membres de cette association ont au moins deux points communs : pratiquer l’amitié et servir les enfants du monde.
Freddy ROY, Communication du " district France-Monaco" 2005-2007

